Sauveteur de quartier : les sentinelles du coeur

republicain-lorrain-12-02-2018

 

Pour accroître le taux de survie sans séquelles après un arrêt cardiaque (2 % en France), l’association Grand Nancy Défi’b a instauré un dispositif unique en France qui fait ses preuves : les sauveteurs volontaires de proximité.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le taux de survie sans séquelles après un arrêt cardiaque est de 2   % en France. Il est de 8   % sur la métropole nancéienne. Ces résultats sont le fruit d’un dispositif : Grand Nancy Défi’b.

L’association forme depuis sept ans des sauveteurs volontaires de proximité (SVP), « prêts à intervenir sur appel du Samu en cas d’arrêt cardiaque survenant aux alentours de leur domicile, afin de pouvoir poser un défibrillateur et assurer un massage cardiaque avant l’arrivée des secours », explique le Pr  Étienne Aliot, cardiologue à Nancy.

Un maillon supplémentaire dans la chaîne des secours qui fait toute la différence. Car en matière d’arrêt cardiaque, les toutes premières minutes sont cruciales : « Chaque minute perdue, c’est 10    % de chances de survie en moins », rappelle le cardiologue. Les SVP, dont le périmètre d’intervention est de moins de six minutes, permettent de « gagner le temps précieux entre l’alerte et l’arrivée des secours », dont les délais d’intervention sont incompressibles (onze minutes pour la moyenne nationale).

Partout en France, les initiatives se multiplient pour améliorer le pronostic vital des victimes : déploiement croissant des défibrillateurs dans les lieux publics, solutions de géolocalisation des défibrillateurs sur smartphone…

Mais le dispositif des SVP, équipés d’un défibrillateur lors de leurs astreintes, reste pour l’heure unique en France. Et d’autant plus intéressant que ce réseau de proximité, à l’échelle des quartiers, s’est construit sur un autre constat : « 80   % des arrêts cardiaques surviennent à domicile. Et le plus souvent devant un témoin qui ne sait pas quoi faire !  », note le Pr  Aliot.

Actuellement, seize communes de la métropole du Grand Nancy ont intégré le dispositif et 300 sauveteurs volontaires de proximité sont opérationnels. Il en faudrait 3 000 pour couvrir en permanence le territoire de la métropole, sur lequel on recense un arrêt cardiaque tous les deux jours et demi.

En intégrant la police municipale et deux pharmacies dans le dispositif, Villers-lès-Nancy, par exemple, ouvre la voie à d’autres pistes de progrès. L’objectif pour Grand Nancy Défi’b est d’atteindre 30   % de survie.

Chaque année en France, 50 000 personnes décèdent d’un arrêt cardiaque. Soit 140 par jour. « Au-delà des SVP », insiste le Pr  Aliot, « il faudrait faire en sorte qu’une génération entière soit formée » à reconnaître l’arrêt cardiaque et à la conduite à tenir : appeler les secours, masser, défibriller.

En septembre 2016, ce qui aurait pu être une tragédie au sein du lycée Chopin à Nancy a accrédité son propos : une élève de 15 ans, victime d’un arrêt cardiaque, était sauvée par deux lycéens de terminale, tous deux formés aux techniques de secourisme, répétées jusqu’à devenir réflexes. Leur courage avait été salué à travers toute la France.

La modestie des deux jeunes garçons aussi, qui espéraient une seule chose : que leur histoire serve à sensibiliser le plus grand nombre à l’importance de connaître les gestes qui sauvent.

C’est l’une des missions de Grand Nancy Défi’b, né en 2005 d’une réflexion menée par le Samu 54 associé au département de cardiologie du Pr  Aliot.

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